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L'histoire des Deux-Lyre émerge au XIe siècle, au coeur du Moyen Âge. Nous devons à l'abbaye de Lyre quelques connaissances sur la période médiévale. Période durant laquelle apparaît déjà avec netteté le contraste entre les deux villages.
1051. S'il fallait retenir une date, ce serait celle-ci. 1051 est en effet l'année du tout premier parchemin qui cite les deux villages. Ce document en latin correspond en fait à une charte (un acte de donation) en faveur de l'abbaye de Lyre récemment fondée. Le baron Guillaume Fils d'Osbern donne différentes terres et différents droits au monastère sur les deux villages. L'abbaye, dédiée à Notre-Dame, est installée depuis l'an 1046 sur la paroisse de la Vieille-Lyre, au sein de la vallée de la Risle. Grâce à la présence des moines, toujours soucieux de conserver leurs archives, nous avons quelques informations sur les Deux-Lyre au Moyen Age.
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Beau succès pour l'inauguration du gîte rural "Le Trou Normand" le 16 septembre 2006 : plus de 500 personnes étaient rassemblées pour le repas du midi ! Sans compter les curieux qui ont tout au long de la journée visité le bâtiment restauré. Le ministre du tourisme Léon Bertrand a honoré la Vieille-Lyre de sa présence. Cet événement fut aussi l'occasion de signer une charte préparant le jumelage entre la Vieille-Lyre et la commune anglaise Eardisland.
Une présentation d'Eardisland s'impose. C'est un village à environ 250 km de Londres, à la limite du Pays de Galles et de l'Angleterre. On y compte environ 400 habitants dont certains se sont justement déplacés à la Vieille-Lyre ce 16 septembre. Je ne me suis pas encore rendu à Eardisland mais les quelques photos et commentaires que j'ai vus et lus indiquent que c'est un charmant village au bord d'une rivière. Les maisons anciennes sont à pan de bois comme en Normandie à cette diffférence que les pans de bois sont toujours disposés perpendiculaires, jamais obliques.
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Jeudi 25 février 2007. Archives Nationales. Paris. Dans la salle de lecture vaste comme un hall de gare, j'épluche une liasse de lettres jaunies. Elles viennent de toute la France : Vaux, Versilly, Vervant, Vibrac... Puis mes doigts s'arrêtent sur le nom que j'attendais : la Vieille-Lyre. La lettre date de 1790. Nous sommes donc au début de la Révolution française. L'auteur est un certain DUVAL DU MESNIL, grand propriétaire de la commune mais surtout premier maire de la Vieille-Lyre. Il relate un fait divers dont la portée s'étend jusqu'à aujourd'hui.
Lundi 17 mai 1790, le soleil n'est pas encore levé quant le maire DUVAL DU MESNIL est réveillé par un domestique venant de l'abbaye Notre-Dame de Lyre. Le sous-prieur (le religieux qui dirige l'abbaye en l'absence de l'abbé et du prieur) veut le voir sur le champ car il vient de constater que le trésor du monastère a été volé dans la nuit. Précisons que le trésor est une armoire dans laquelle sont conservés les objets les plus précieux du service religieux (voir photos ci-contre du trésor de la cathédrale d'Evreux). Le maire quitte sa demeure du Mesnil, arrive au bourg et pénètre dans l'église abbatiale. Le sous-prieur lui montre le Trésor à gauche du choeur. Les serrures de l'armoire sont brisées. Il reste à l'intérieur quelques menus objets qui semblent ne pas avoir suscité d'intérêt de la part des voleurs. Mais il manque l'essentiel, notamment le bâton de chantre (surnommé le soleil d'argent doré), plusieurs statues en argent massif, la croix processionnelle, des reliquaires... Autant d'objets magnifiques qui étaient uniquement sortis et montrés au public lors des grandes fêtes religieuses.
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Il est sept du soir, ce mardi 12 octobre de l'an 1740. Le boulanger de la Vieille-Lyre, Chénot, rentre chez lui. La nuit commence à tomber. L'homme espère trouver un peu de chaleur auprès de la cheminée mais quand il entre dans sa maison, il est surpris par la froideur qui y règne. Sa femme a-t-elle oublié de faire du feu ? Il s'approche du foyer dont les braises sont éteintes. Soudain, il ouvre la bouche de stupeur : au pied de la cheminée, le corps de sa femme est allongé dans une mare de sang. Un meurtre à la Vieille-Lyre !
La nouvelle fait rapidement le tour du bourg. Dans la soirée, les habitants se succèdent dans la maison du boulanger pour voir le corps. Quelques-uns touchent les mains de la victime : elles sont froides. Le meurtre remonte peut-être à ce matin. Des témoins assurent avoir vu vers 8h30 la femme assister à la messe de la Neuve-Lyre. En rentrant chez elle, elle a dû surprendre un voleur. En effet, Chénot a remarqué que quelqu'un avait fouillé dans son coffre en bois et dérobé des louis d'or et des bagues. Riche de son butin, le voleur a tué la femme pour protéger sa fuite.
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Un matin du mois de février 1797, le paisible hameau de Cernay, près de Bois-Anzeray, est réveillé par l'arrivée d'une importante troupe : six hommes d'infanterie et huit cavaliers, l'ensemble commandé par le lieutenant du 22e régiment de cavalerie. Les soldats s'emparent de deux jeunes habitants, cachés dans un bâtiment. Auguste Gonce, 22 ans et Louis Guigne, 33 ans, sont emmenés à la Neuve-Lyre. Ils doivent y répondre d'actes de chouannerie devant le juge de paix.
La chouannerie est une révolte contre la Révolution, qui embrasa l'ouest de la France. La Bretagne, la Vendée furent particulièrement touchées mais la rébellion gagna aussi quelques parties de la Normandie. Les Chouans étaient essentiellement des paysans. Conscients de leur faiblesse face aux Armées de la République Française, ils évitaient au possible les batailles et préféraient agir en petites bandes pratiquant la guérilla. Arrivés sur la place de Lyre, les deux habitants de Cernay sont présentés devant le juge de paix. Ce dernier leur explique qu'ils ont été reconnus lors des incidents qui se sont produits à la Neuve-Lyre quatre jours plus tôt. Auguste Gonce et Louis Guigne se défendent d'être des Chouans et expliquent ce qui s'est réellement passé. Auguste parle le premier.
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