D'une période à l'autre
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| Le cinéma de la Neuve-Lyre |
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Si aujourd’hui il ne fonctionne plus, le cinéma de la Neuve-Lyre reste dans les mémoires des Lyrois qui avaient une dizaine ou une vingtaine d’années dans les années 1950. L’établissement qui répondait au nom de « L’Eden » était installé rue d’Alençon. Grâce à plusieurs témoignages, il est possible de se l’imaginer.
En 2009, la Maison Jeanne d’Arc est toujours debout mais elle est devenue un bâtiment anonyme. D’extérieur, on a peine à s’imaginer que l’endroit servait de cinéma. Il se trouve au n°20 de la rue d’Alençon (partie de la rue principale en direction de Conches). Au début du XXe siècle, c’était une salle paroissiale qui servait probablement à des activités culturelles (théâtre). A cause de sa taille (une quinzaine de mètres de long) et de cette fonction ancienne, la maison Jeanne d’Arc s’est imposée comme le cinéma de la Neuve-Lyre. Malgré la guerre, le cinéma semble fonctionner dans les années 1940. Marceau Lemaître, Hubert Bacle et Pierre Marquis s’en occupaient. Avec sa voiture, ce dernier apportait de Rugles les appareils de projection (si bien qu’on considérait le cinéma de la Neuve-Lyre comme une annexe de celui de Rugles). Marceau Lemaître et Hubert Bacle tenaient la caisse, plaçaient les gens et vendaient des bonbons. Dans les années 1950, le cinéma de la Neuve-Lyre ne désemplit pas. Comme l’explique Pierre Mariette, c’était une des rares distractions dans le village et elle ne coûtait pas cher (1,50 ou 2 Fr). Il y allait une à deux fois par semaine. Les séances avaient lieu le samedi et le dimanche, l’après-midi et le soir. Grâce aux souvenirs de Serge Lambert, un ancien Lyrois, on peut facilement s’imaginer la configuration du lieu. Le guichet où s’achetaient les billets était placé sous un porche ouvert sur la rue d’Alençon. Des lettres en néon indiquaient le nom du cinéma : l’Eden. Ginette Barthe, jeune femme blonde à lunettes, tenait la caisse et délivrait les billets. De part et d’autre du porche, était placardées les affiches des films. On pénétrait dans la salle par un petit sas. Un rideau épais masquait l’intérieur de la salle lors de la projection afin de maintenir les spectateurs dans le noir lors de l'entrée de retardataires. La mère de Ginette Barth et Mme Coispel installaient les gens à leur place. Les fauteuils étaient fixés sur un plancher qui descendait en pente douce vers l'écran. Les premières rangées étaient un peu plus confortables mais plus chères que les suivantes qui, dans les souvenirs de Serge Lambert, s'assimilaient plus à des chaises en bois pliantes. Devant l'écran, qui n’était pas caché par un rideau, deux ou trois lignes de bancs en bois avaient été placées. Avant chaque film, les actualités étaient projetées. Actualités qui n’étaient d’ailleurs pas très actuelles puisqu’elles portaient sur des événements antérieurs de trois ou quatre semaines. A l'entracte, les hommes allaient fumer une cigarette sous le porche, les femmes ne fumant pas en public. Pour les Lyrois amateurs du 7e art, ces années 50 représentaient une période idéale : ils pouvaient se rendre à pied au cinéma et la place ne coûtait pas plus cher qu’un café. Si on ajoute le fait que des tournages de films ont eu lieu dans la commune (je pense bien sûr au Trou Normand et au Rosier de Mme Husson), il faisait bon vivre à Lyre pour les cinéphiles. Je remercie les différents témoins cités, notamment Serge Lambert, dont les nombreuses informations ont permis de finaliser l’article. |
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Inventé à la fin du XIXe siècle, le cinéma est devenu très vite populaire si bien qu’autour de 1905, un cinéma ambulant arrêta sa route à la Neuve-Lyre. Une vieille carte postale révèle en effet un camion garé près de la fontaine et portant le nom de cinématographe. Dans un premier temps, il n’y avait donc pas de salle de cinéma à la Neuve-Lyre. Le cinéma venait jusqu’aux spectateurs. Denise Dessarthe se rappelle qu’elle vit son premier film dans la salle des fêtes de la Vieille-Lyre. C’était dans les années 1920 ou 1930. Le cinéma ambulant projetait alors J’accuse (peut-être s’agissait-il d’un film sur l’affaire Dreyfus ou du film d’Abel Gance sur la première guerre mondiale). Si elle se rappelle bien du titre et du lieu, Denise avoue n’avoir pas compris grand-chose à l’histoire qui était trop « politique » pour la jeune fille qu’elle était. Elle se souvient bien mieux du second film qu’elle vit : Lumières de Paris sorti en 1938. Tino Rossi jouait le rôle principal. La projection avait lieu à la Neuve-Lyre, dans la maison Jeanne d’Arc. Maison qui allait devenir le cinéma du village.
Commentaires
Salutations, Nigel W.
Laurent Ridel
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