D'une période à l'autre
Mots-clés
Chalet
Lyre
Neuve-Lyre
Normandie
Risle
Vieille
Vieille-Lyre
XVIIIe siècle
abbaye
activités
agriculture
artisans
association
bouilleur
bourg
bourvil
calvados
chemin de fer
chouannerie
cidre
cinéma
commerce
commerçants
film
gare
grande guerre
guerre
gîte rural
histoire
lieu
loisirs
mobilisation
monument
moyen âge
métiers
noms
ouvriers
photo
photos
pomme
pommier
population
receveuse
travaux
trou normand
témoignages
usine
église
étrangers
1866
Vous êtes ici:
| La première association sportive lyroise |
En 1884, est constituée à la Neuve-Lyre une société de gymnastique nommée l'Espérance. C'est assurément la première association sportive de la commune. Sa création obéit en partie à des objectifs militaires.
L'association ne vécut que sept ans mais elle a le mérite d'être largement antérieure à l'Union Sportive Lyroise qui naîtra presque quarante ans plus tard. En cette fin du XIXe siècle, les Lyrois ne jouent pas au foot mais pratiquent la gymnastique. Rien d'exceptionnel car ce sport connait alors un fort engouement en France. L'origine de ce succès doit être recherchée dans le traumatisme causé par la défaite française face à l'Allemagne lors de la guerre de 1870-1871. Les élites s'interrogent sur les raisons de la déroute du pays. Une conclusion fait rapidement l'unanimité : le soldat français était plus chétif que son ennemi allemand. Si la France veut recouvrer militairement l'Alsace-Lorraine livrée à l'Allemagne en 1871, il faut que son armée soit constituée d'hommes forts. Les autorités encouragent donc dans les villes et villages à la formation d'associations sportives. Dans un pays encore peu touché par le phénomène footballistique, la gymnastique revêt toutes les qualités pour endurcir la jeunesse de France. Les statuts de l'Espérance, la société de gymnastique de la Neuve-Lyre, ne cachent cet objectif : l'article 2 explique que l'association a pour « but de développer les forces physiques par l'emploi rationnel et hygiénique de tous les exercices du corps tels que gymnastiques, excursions, services militaires, tir à la carabine ». L'inscription comme membre nécessite d'avoir au moins douze ans, de témoigner d'une bonne conduite, de ne pas avoir subi de condamnation pour peine infamante et d'être français. Les exercices ont lieu chaque dimanche. A 16h, les membres doivent se trouver en rang et en uniforme. Il est procédé à un appel. Ces conditions rappellent évidemment la caserne. Les statuts de l'association ne décrivent pas les exercices pratiqués. Les membres font probablement des figures ou grimpent sur des portiques. D'après d'anciennes cartes postales, les gymnastes, vêtus de blanc, effectuent des chorégraphies en commun, parfois avec un bâton (voir photo. Non prise à Lyre). Souplesse et synchronisation sont requises, autant de qualités utiles sur le champ de bataille. Les gymnastes doivent aussi s'entraîner au tir mais la Neuve-Lyre, handicapée par sa faible superficie, n'offre pas de terrain à l'écart des habitations. En 1886, la société obtient du préfet le droit d'utiliser un vallon sur la Vieille-Lyre. Mais l'année suivante, le maire de la Vieille-Lyre Gustave Duval s'empourpre car il n'a pas été consulté. Il estime l'activité dangereuse à cause de la proximité d'un chemin et de carrières. Surtout il s'inquiète que l'on confie les fusils à des « enfants absolument inexpérimentés ». Preuve que la société de gymnastique recrute très jeune. Il importe alors que la jeunesse apprenne le plus tôt possible le tir afin de les préparer à leur futur devoir de soldat. Cette préoccupation se retrouve une vingtaine d'années plus tard lorsque le maire de la Vieille-Lyre fonde une association amicale des anciens élèves des écoles de la Vieille-Lyre. Nous sommes alors en 1907 et la France a toujours dans l'optique la revanche face à l'Allemagne. Les buts de l'association sont apparemment nobles : elle vise à « resserrer les relations de respect et d'amitié entre les maîtres et les anciens élèves, à donner une direction morale et intellectuelle aux jeunes gens sortis de l'école », et à organiser des cours du soir. Mais le maire ne peut s'empêcher d'ajouter cette dernière fonction : « vulgariser l'étude pratique et théorique du tir dans l'école primaire et dans la commune ». Nous ne savons si ces intentions sont suivies d'effets mais elles témoignent de mentalités obnubilées par la préparation d'une nouvelle guerre contre l'Allemagne. Sept ans plus tard, en 1914, ce que tous attendaient éclate : la première guerre mondiale. |
Les derniers commentaires
- C'est toujours aussi passionnant de regarder votre...
- Bonjour, un petit coucou du nord ou je suis actuel...
- Vous avez raison de signaler l'importance de Pierr...
- Je pense que Mr Pierre Le Boulch, (que j'ai bien c...
- Je vois bien l'entête que vous décrivez. Je l'ai p...