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Face aux nombreux témoignages que j'ai reçus, il me paraît indispensable de revenir sur ce film tourné entre autres à la Vieille-Lyre et à la Neuve-Lyre. Rappelons rapidement l'histoire : Hippolyte Lemoine interprété par Bourvil doit hériter, à la mort de son oncle, de l'auberge du Trou Normand. Dans son testament, le défunt émet toutefois une condition : Hippolyte doit obtenir son certificat d'études ! Pas facile sachant que le jeune homme n'est pas une lumière. Surtout sa tante entend bien le détourner de ce projet afin de lui ravir l'héritage.
Je l'avoue, cette comédie tournée en 1952, est loin d'être le meilleur film de Bourvil. Néanmoins, le film se vend toujours bien en DVD selon Philippe Crocq et Jean Mareska (auteurs de Bourvil : de rire et de tendresse). Pourquoi ? Car la jeune Brigitte Bardot (âgée de 17 ans) y joue son premier rôle au cinéma. Les fans de la belle entretiennent le commerce du film !
Enjeu de l'héritage, l'auberge se trouve au coeur de la Vieille-Lyre. Elle est aujourd'hui un gîte de groupe mais à l'époque du tournage c'était un hôtel, l'hôtel de France. Pour les besoins du film, l'établissement est renommé « le Trou Normand ». Nom qu'il conservera par la suite. En 1952, Raymonde (surnommée Léa), Marcel et leur fils Daniel Combon tiennent l'hôtel.
Au cours des trois dernières années, j'ai pu rencontrer plusieurs Lyrois témoins du tournage ou figurants. Au premier rang desquels Jeanne Le Roux. Cette dernière fait même plus que de la figuration puisqu'elle est l'une des rares Lyroises à avoir une scène dialoguée dans le film. Le réalisateur Jean Boyer a choisi sa charcuterie comme scène et Jeanne y joue son propre rôle. Pierre Mariette est un autre figurant du Trou Normand. Il avait alors 18 ans et cinquante-cinq ans plus tard, le tournage laisse chez lui un souvenir indélébile. Et on le comprend à écouter l'anecdote qu'il se plaît à raconter :
« Brigitte Bardot s'apprêtait à tourner une scène mais le metteur en scène voulait qu'elle change son haut car ça ne collait pas avec la caméra. Alors, je l'ai emmené dans le magasin de vêtements de mes parents, qui était tout près. C'est là qu'elle s'est rapidement changée. Je l'ai vu enlevé son haut et j'ai aperçu ses seins. J'étais subjugué. Depuis, je porte des lunettes ».
A l'écoute des différents témoignages, je suis étonné par la proximité entre les acteurs et les habitants. Les deux groupes se mêlaient facilement. A la Neuve-Lyre, l'équipe du film achetait des croissants dans la boulangerie de Denise Dessarthe ; Brigitte Bardot prenait des glaces à la pâtisserie Gauthier et discutait avec les jeunes du village. A la Vieille-Lyre, l'hôtelier Daniel Combon leur vendait du fromage. Bourvil mangea un soir chez les parents de Guy Lecoüedic. Selon ce dernier, il en sortit avec une cuite due au cidre bouché ! Pour figurer dans le film, c'était assez simple : un homme demandait sur la place de la Neuve-Lyre qui voulait participer. Les Lyrois intéressés levaient la main et donnaient leur nom. Pas de contrat. Rendez-vous le lendemain. Au final, le figurant recevait 10 francs. De quoi acheter une bière, un paquet de cigarettes et une entrée au prochain bal.

Scène du film : Bourvil se dispute avec sa tante. Au centre, le jeune homme en noir est Pierre Mariette. On aperçoit en arrière-plan à gauche le magasin de nouveautés de ses parents.
Merci aux différents témoins cités plus haut ainsi qu'à Odile Gacoin et Jean-Yves Boulard.
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Commentaires
Jeune maison d'édition, nous réalisations actuellement un guide culturel sur la Haute-Normandie, destiné à l'usage mobile. Nous sommes ainsi à la recherche de visuels pour illustrer une fiche sur l’auberge du Trou Normand.
Les photos de votre site nous ont particulièremen t intéressés et nous souhaiterions, avec votre accord, pouvoir en publier une gracieusement. Le format de type « vignette » ne permet pas, bien évidemment, la reproduction. Votre photo ne sera pas non plus modifiée.
Vous remerciant par avance pour votre réponse,
Cordialement,
Charlène Santini
Responsable Editorial Champs Numériques
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