D'une période à l'autre
Mots-clés
| Les amis de la Gaieté |
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Dans l’entre-deux-guerre, la Vieille-Lyre avait un club théâtral : les Amis de la Gaieté. Crée par Georges Marchand, il donnait des représentations à la salle des fêtes. Mme Jeanne Giron, une ex-Lyroise, m’a envoyé le dialogue d’une pièce Sur qui qu’ tu tires Lyre. Au programme, du rire, des bons mots, des chansons et une impertinence qu’on n’aurait pas soupçonnée pour l’époque.
La pièce était rythmée par des intermèdes musicaux. Le rideau s’ouvrait d’ailleurs sur une chanson. Elle met en scène et tourne en dérision les pompiers de Lyre sur l’air de la Madelon. Parmi ceux qui connaiss’nt la gloire Il faut citer nos braves pompiers Ces gars-là entrent dans l’Histoire En lettres de feu « consumé » Quand soudain un cri d’alarme Dans la nuit sombre est lancé De suite ils sont sous les armes Il faut les voir s’élancer Au son du clairon Ohé ! nous pompons Refrain Pompons avec frénésie, Pour combattre le danger, Pour éteindre un incendie Nous sommes des enflammés, Mais notre tâche finie Ayant versé beaucoup d’eau Pour faire un’ bonne eau rougie Buvons l’vin pur au tonneau. Les Amis de La Gaieté s’en donnait à cœur joie dans le politiquement incorrect. On se moquait gentiment du maire Jean Duval, sûrement présent dans la salle et on mettait en scène la Vieille-Lyre et la Neuve-Lyre, personnifiée chacune par deux comédiennes. Bien sûr la discussion tournait aux menaces et aux insultes. Un clin d’œil aux relations parfois difficiles entre les deux communes à l’époque. Les hommes politiques étaient aussi dans le viseur de la troupe. M. Leroy, candidat à une élection, rencontre deux paysans de la Vieille-Lyre et essaie d’en obtenir les voix : LEROY – En tout cas, vous connaissez mes convictions républicaines. Je n’aurais qu’un but : l’organisation et l’amélioration de la vie agricole et la diminution des impôts. 1er PAYSAN au 2e – C’est rigolo comme ils nous aiment hein, ils n’pensent qu’à nous LEROY – J’espère, messieurs, que vous voterez pour moi 2e PAYSAN – Ah ! p’t êt’ coben qu’oui, ah ! pt’ êt coben qu’non, c’est ben possible, j’sais point précisément, vous savez ben, nous j’sommes Normands. La pièce eut un énorme succès. Jeanne Boulay qui n’avait que cinq ans, s’en souvient très bien. C’était d’autant plus amusant que les comédiens, tous du secteur, étaient connus par le public et qu’ils interprétaient des personnalités lyroises pour s’en moquer. La pièce se concluait par une chanson : « La Revue est terminée, Cher public pardonnez-nous, Si dans notre randonnée Nous avons touché à tout, Mais si l’on a su vous plaire Applaudissez beaucoup Ca récompense Plus qu’on ne pense Faîtes-nous l’aumône, oui l’aumône D’un bravo, C’est tout ce qu’il nous faut »
Note : photo La Chatte Sur Un Toit Brûlant : Les acteurs - 3 par Daffyduke. Licence Creative Commons. Photo non prise à Lyre. |
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- Je vois bien l'entête que vous décrivez. Je l'ai p...
« C’était la joie quand il y avait une séance à la salle des fêtes » raconte Jeanne Boulay. Les 14 et 15 avril 1928, les Amis de la Gaieté présentaient leur nouvelle pièce en 2 actes et 15 tableaux, Sur qui qu’tu tires Lyre. Les Maisons Granier et Faucheux avaient confectionné les costumes, Georges Marchand les décors. René Bulle avait composé les textes. Dans les coulisses, seize acteurs s’apprêtaient à entrer sur scène, MM Antony, Descoudras, Sauteur, Leroux, Launay, Collet, Lorieul, Moire, Fournot, Drouet, Guilloret, Leclerc, Mlles Antony, Lamandé, Tessier et Leroux. Sans compter les figurants, les enfants et les chœurs.